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MANIFESTE POUR PROTÉGER LE LIVRE EN SUISSE 2006

Nous, gens du livre, entendons témoigner du grand danger qui menace la culture dans
notre pays. Un marché complètement déréglé met en péril toute la chaîne du livre, de
l’auteur au lecteur.
Or, le livre n’est pas un simple produit de consommation!
«!Il transmet le savoir et la pensée, exprime la réalité et l’imagination, dit l’émotion,
nourrit le rêve. Il diffuse la langue, facteur particulièrement important de l’identité.
Bref, le livre est un véhicule essentiel de la culture.!»
Jean-Philippe Maitre (Initiative parlementaire 04.430)
Les nouvelles technologies ne l’ont encore jamais supplanté.
Pour toutes ces raisons, protégeons le livre par une loi comme l’ont fait avec succès tous
les pays qui nous entourent, la France, l’Allemagne, l’Autriche, l’Italie.
Une loi pour :
• Favoriser l’accès à la culture, à la formation, à un juste prix pour tous, pour tous les
livres et non seulement pour les produits d’appel.
• Maintenir un réseau dense, décentralisé et varié de points de vente.
• Assurer la publication d’un grand choix de livres suisses et de livres à tirage restreint
dans nos quatre langues.
• Garantir le maintien d’emplois spécialisés.
• Solliciter le lecteur dans toutes sortes de lieux avec toutes sortes de livres d’ici et
d’ailleurs qui nourrissent son esprit et suscitent sa curiosité.
Le discount sauvage des best-sellers aboutit à une forme de monopole dont on connaît
l’ultime danger: mort de la concurrence, appauvrissement de l’offre, prix à la hausse.
Un résultat paradoxal pour ceux qui ont le souci de maintenir une saine concurrence!!
Le pays modèle de la diversité culturelle ne doit pas devenir le fossoyeur de ses écrivains
et de leurs œuvres.
L’Unesco, l’année dernière, a montré la voie en adoptant une convention, que la Suisse a
signée, pour reconnaître au livre son caractère culturel et l’affranchir des règles du
commerce international.
Parlementaires, avant qu’il ne soit trop tard, offrez à notre pays une loi qui protège le livre
et nous permette de conserver notre patrimoine intellectuel et notre identité culturelle.
Association Suisse des Diffuseurs, Editeurs et Libraires (ASDEL)
Protéger le livre en Suisse par une loi
La Suisse a de tout temps été reconnue pour la qualité de son réseau de production, de diffusion et
de vente de livres.
Malheureusement, en quelques années, le marché du livre s’est sérieusement dégradé. La crise est
grave. Les métiers du livre sont en train de disparaître.
Un récent rapport du Conseil fédéral essaie même de faire croire que le marché du livre dans notre
pays est sain et stable.
Sur le terrain, la réalité est autre. Jusqu’en l’an 2000, seules les grandes surfaces accordaient des
rabais ponctuels de l’ordre de 10% et le libraire parvenait à compenser cette concurrence par un
service de qualité. Puis la Fnac s’est implantée, provoquant une guerre des prix entre ce groupe et
Payot, propriété d’Hachette, entre deux entreprises françaises qui, en France, s’accommodent du
prix unique du livre (loi Lang) depuis 25 ans.
Cette guerre des prix, qui se pratique essentiellement sur des produits d’appel (5% de l’offre), a
fait disparaître un nombre impressionnant de librairies. En Romandie, 51 points de vente ont dû
cesser leur activité et des rumeurs de fermetures prochaines, parmi lesquelles de prestigieuses en-
seignes, nous parviennent à tout instant.
Notre devoir, à nous professionnels du livre, est d’en informer le public et de réagir. C’est main-
tenant que les choses se décident. Notre ambition est de pouvoir continuer, par notre présence et
notre travail, à maintenir un réseau efficace permettant l’accès au livre, à tous les livres, pour tous
les lecteurs.
La disparition d’un grand nombre de librairies en peu de temps et dans un si petit pays provoque
un grave appauvrissement culturel, affecte toute la chaîne du livre.
Les éditeurs suisses sont particulièrement inquiets de ces fermetures. L’accès à la culture implique
qu’ils puissent continuer de publier des livres. Ils ont besoin pour cela d’être soutenus par une
politique culturelle cohérente et non seulement par des subventions. Pour vendre leur publication,
pour être visibles malgré l’abondante production de l’écrit, il est vital pour eux de disposer d’un
vaste réseau de librairies, grandes et petites, attentives à faire connaître leur création.
Pour l’auteur de ce pays qui n’a pas souvent la chance de se faire publier chez les grands éditeurs
étrangers, la disparition de tous ces points de vente est catastrophique. Cinquante et une librairies
en moins dans un territoire aussi restreint signifie 51 chances en moins de rencontrer son public.
Quant au lecteur, le choix de livres qu’on lui propose dans les grandes chaînes est de plus en plus
stéréotypé, le même, au même moment, dans toutes les succursales. L’accent étant mis sur les pro-
duits d’appel, le fond s’amenuise.
Chaque librairie indépendante est unique. Elle témoigne d’une sensibilité particulière, offre un
assortiment plus personnel, plus original, s’installe aussi dans des coins parfois perdus, soutient
des auteurs locaux encore inconnus. Bref elle assure une fonction importante de politique culturelle.
Il est nécessaire pour le lecteur de trouver toutes sortes de lieux différents avec toutes sortes de
livres divers qui comblent sa curiosité, car l’individu a besoin de diversité pour s’épanouir.
La situation des diffuseurs risque de devenir extrêmement délicate. Nous l’avons dit, il est impor-
tant pour le lecteur de trouver toutes sortes d’ouvrages à proximité de chez lui.
Un grand nombre de livres vendus en Suisse provient de l’étranger (80%). Nous avons actuellement
dans notre pays la chance de disposer d’un système de diffusion extrêmement performant qui
permet à la librairie la plus reculée de recevoir ses commandes dans un délai très court. La dispa-
rition de toutes ces librairies risque d’altérer l’excellente qualité de ce service qui a un prix mais qui
joue un rôle important à notre époque où le client veut tout et tout de suite.
Tous les pays européens qui nous entourent ont connu les mêmes problèmes et ont réagi en régle-
mentant le prix du livre par une loi. En France l’arrivée de la Fnac dans les années 1970 a pro-
voqué une crise semblable à la nôtre. La loi Lang, instaurée en 1981, a permis de sauver le réseau
Association Suisse des Diffuseurs, Editeurs et Libraires (ASDEL)
de librairies françaises. En 1999, la Comco européenne a jugé illicite l’accord interprofessionnel
(Sammelrevers) qui régissait tout le monde germanophone, Suisse allemande y compris. L’Alle-
magne et l’Autriche ont répondu en 2000 en adoptant, en quelques mois, une loi sur le prix imposé
du livre.
Dans notre pays le moment est venu d’agir. C’est maintenant où jamais. Une loi réglementant le
prix des livres est nécessaire et urgente. D’autres mesures pourront être ensuite discutées, mais
sans cette loi rien ne sera possible ni réellement efficace.
Si nous ne défendons pas l’outil qui permet d’affirmer nos différences culturelles et notre identité,
aucun autre pays ne le fera pour nous.
Le livre n’est pas un simple produit de consommation. «!Il transmet le savoir et la pensée, exprime la
réalité et l’imagination, dit l’émotion, nourrit le rêve. Il diffuse la langue, facteur particulièrement
important de l’identité. Bref, le livre est un véhicule essentiel de la culture.!» (Jean-Philippe Maitre,
initiative parlementaire 04.430 pour un prix réglementé du livre en Suisse).
D’un point de vue économique, vendre tel livre plutôt que tel autre n’a que peu d’importance,
pourvu que l’achat se répète, et pour cela l’accent est mis sur le produit d’appel.
Au contraire, dans le domaine des idées et de la création, c’est la publication d’un grand choix
d’œuvres d’ici et d’ailleurs qui comble notre intelligence et notre curiosité.
Certains font aujourd’hui l’amalgame entre le prix du livre et le prix réglementé. Le prix du livre est
une notion économique qui comprend plusieurs paramètres!: le niveau de vie, les salaires, les inter-
médiaires. Le prix réglementé est un prix de vente, le même partout, à quelques exceptions près.
C’est ce prix réglementé qui permettra à la librairie indépendante de se maintenir. C’est lui qui fera
baisser le prix moyen de l’ensemble des livres et non pas seulement des produits d’appel. C’est ce
qui s’est passé chez tous nos voisins qui l’ont instauré, la France, l’Allemagne et l’Autriche.
Au contraire, le discount sauvage des best-sellers aboutira à une forme de monopole dont on
connaît les dangers. Quel paradoxe pour ceux qui ont le souci de la saine concurrence!!
D’autres prétendent que ce sont les nouvelles habitudes des consommateurs qui mettent en péril le
marché du livre. A ce jour, la part des livres vendus sur le Net (3 à 8%) est une concurrence tout à
fait supportable. D’autre part, rien n’autorise à penser que le Net va remplacer le livre en tant que
support de l’écrivain. Combien d’auteurs publieront-ils directement sur la toile!? Peut-on se passer
du travail de l’éditeur qui est responsable de ce qu’il publie et qui engage sa réputation!auprès du
public!? Par ailleurs la présence du libraire, son assortiment original, sa culture, la possibilité de
toucher les livres, de les feuilleter, de les comparer, peut-on remplacer tout cela par des impri-
mantes et des écrans!? Innombrables sont ceux qui en doutent.
En octobre de l’année dernière, l’Unesco a adopté une convention qui reconnaît au livre son carac-
tère culturel et l’affranchit des règles du commerce international. La Suisse a joué un rôle actif dans
cette démarche puisqu’elle a signé cette convention qu’elle doit maintenant ratifier. Dès lors notre
pays doit être cohérent et avoir le courage de protéger par une loi le marché du livre.
Une telle loi permettrait aux librairies indépendantes de se maintenir, de proposer un grand choix
d’œuvres, de soutenir la littérature d’un pays, d’offrir une ouverture dans des endroits isolés, de
faire connaître les jeunes auteurs qui assurent le renouvellement de notre culture, de garantir des
emplois spécialisés.
Le débat sur le prix réglementé du livre va bien au-delà de la survie de nos entreprises. C’est un
débat qui engage l’avenir. Il en va de la conservation de notre patrimoine intellectuel et de notre
identité culturelle.
Nous sommes certains que nos parlementaires le comprendront et donneront suite, cet automne, à
l’initiative parlementaire de Jean-Philippe Maitre.

Association Suisse des Diffuseurs,
Editeurs et Libraires (ASDEL)

Lausanne, le 23 octobre 2006





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